28 août 2007

Dima Krima,

Ce post a comme but de traiter un problème, celui d’en avoir beaucoup et de les voir partout. Le problème c’est que ces quelques mots, ou les mots -en général-, ne peuvent pas résoudre le problème mentionné en haut. Ce qui est à mon humble avis, un plus gros problème, plus gros que le premier. C’est pourquoi les problèmes de maths sont plus simples. Je ne voulais rien poster car je savais que ça serait du chewing-gum qu’on a déjà mâché et qu’on en mâchera et remâchera encore et encore. Toujours la même histoire qui se répète. Condamné à parler seulement, des mains faites pour taper et retaper les mêmes lettres…les mêmes bouches mais pas les mêmes oreilles. Qui sait ?! un jour on en aura plus besoin d’entendre ce que disent les autres.

Ce big-blog-bang ferait bien une bonne cuisine à mots. Les idées comme ingrédients, nous deux étant chef-cuisiniers et co.chef-cuisiner. Même si mon plat suivant n’est pas déjà bien cuit, je vais vous le servir au chaud comme vous l‘avez commandé. Cette intro est juste un apéritif ou un avant gout. Le menu que vous avez demandé est bien une belle chakchouka à la tunisienne, non ?! Ce n’est pas une macaroni menteuse au moins ! L’explication est simple : dans ton post précédent cher Affrikano’ (ou je veux bien utilisé « notre Che africain ») tu as parlé du 2en1, du jumelage des pensées et de l’hypocrisie blogosphérique en quelque sorte. Et bien ma tête est une casserole qui bouillonne de l’intérieure et ça se voit à l’extérieure. J’ai les idées confuses, je vais les découper en morceaux et te les passer dans ton assiette et à toi de les filtrer. Il y’a du « fils de mer » au fils de merde, du fruit de bois au fruits de mer. Il y’a de quoi en manger mes doigts, ranger mes ongles et avaler ma salive. Et comme entrée tu veux une salade, ou tu en veux des salades ?! ça y’est toi t’as fais un premier grand pas vers un avenir meilleur (du point de vue personnel), t’as su faire des choix, t’en as appris de cette vie à laquelle on donne rien et on prend beaucoup…Je prends mon temps pour te dire Bravo ! en plus je suis avec toi dans la dernière décision que t’as prise au sujet de ton parcours avec la révolte. Pourquoi Dieu a créé le repos si on ne se repose pas ?! et pourquoi la paix existe-t-elle si on ne peut pas se reposer en paix ? Les repas sont là pour qu’on les mangent !

Changer c’est bien, sauf qu’on change une équipe qui gagne. Et mon équipe favorite c’est celle qui rassemble mes principe qui se jouent dans ma tête. Ces principes doivent prendre place a côté des réflexes et au fond du puits de notre personnalité. On ne pas falsifier, convertir, ignorer notre identité ; le « moi » que je suis, le « nous » que nous sommes. Mais on peut très bien se corriger et se perfectionner. Et pour cela on a besoin d’une bonne vision bien objective de soi-même. Et il faut prendre du recul pour bien voir le choses. La Tunisie vue de la Tunisie n’est pas la même vue d’ailleurs. Sais-tu de nos jours dans ce beau pays, on enlève la nationalité tunisienne à celle qui refuse de se marier ?! Et ça peut même devenir une affaire d’état !

Combien ça prend de temps le fait de changer ?! Quels sont les facteurs dont dépend le changement, sa nature même, sa « taille » ? Est-ce que le changement est réduit à un cercle géographique réduit ? L’histoire a-t-elle changé? Pas vraiment, alors ou est le changement dans l’histoire ? Qui décide de changer ? comment change-t-on quelqu’un ou quelque chose ? y a-t-il une recette spéciale ? Quel est l’influence de l’homme sur l’espace (son milieu) et le temps (son époque) ? Peut-on parler d’un bon changement et d’un mauvais changement ? grands et petits ? Les changements radicaux existent-ils vraiment ? s’il devrait exister, « un changemètre »ça serait quoi ?Révolte et changement, le rapport est étroit. La révolte est un changement, le changement est une sorte de révolte. Mais il y a des règles aux deux. Sont-ils inchangeables ?! Je sais que seule une grosse envie d’un immense changement c’est fatiguant ! Il faut savoir changer petit à petit. Agir, c’est changer. On vit alors dans un flux perpétuel . La vie nous fait volte-face chaque instant. Quel est le centre de ce flux, celui de tous les changements ? Est-ce l’envie de changer ? changer pour le changer, pour le changement lui-même ? les degrés du changement, l’évolution et la révolution, la mutation , métamorphose et transformation, bouleversement et alternation, substitution et renouvellement, transition et variation…bref, dans chaque changement il y a un premier état, celui qui précède l’action et un deuxième, « un nouveau » ou « l‘après changement ». Je ne suis pas prêt pour donner un résumé sur les différentes phases du changement.

Notre pays est en train de changer, mais dans quel sens ? Ce changement avortera-t-il ? En Tunisie on attend tous change-day avant bien judgement-day ! Ce miracle viendra surement de l’extérieure, c’est un mal nécessaire ! En jetant un coup d’œil à l’intérieure je trouve que ça pue, c’est le bordel. Et ça nous rend malades. Surtout que –comme je l’ai déjà dis- je me sens impuissant, insignifiant, inutile et « miniature » face à ce tas de problèmes.

J’ai insister au thème de bouffe dans la métaphore filé sur laquelle est bâtie ce post car je sais très bien que les Tunisiens ont l’esprit ailleurs, c'est-à-dire à l’estomac ou les intestins à la place de la cervelle. C’est un peu la fierté des nôtres après Celtia. Des cafés tous les 100métres et des parkings tous les 100 kilomètres, des very fast-food et j’en passe et j’en passe…Sinon je dirais bien que la matière grise tunisienne a été remplacé par un demi kilo de spaghetti qui s’est collé au parois d’un crâne bien sec. Peut-être bien que t’en fais pas partie mais dans chacun de nous il y a ce résidu de Tunisionisme. La blogosphère en est la preuve. Parfois je me dis, à quoi je me mêle ?! je n’ai que 17 ans après tout ! les jeunes, les femmes, sont-ils faits pour entrer dans les affaires des hommes ou les affaires du monde ?! Un fumeur qui ne peut pas renoncer à son suicide (fumer), celui qui n’est as assez fort, un supposé musulman dans un pays supposé musulman qui ne connaît rien à cette religion, une maman qui n’est pas une bonne maman, celle ou celui qui ne reconnaît as ses devoirs et ne voit que ses droits, un enseignant qui oublie l’époque ou il était élève, qui ne s’est jamais mis à la place des autres…ces gens là ont-ils le droit de participer à la résolution des problèmes à une grande échelle ? Et pour ce qui est de l’histoire j’ai une belle citation de Hegel qui résume tout :

"On apprend de l'histoire qu'on n'apprend pas de l'histoire."

Le dessert est allégé en matière de « grâce ». Une glace en train de fondre peu à peu qui me fait toujours penser au réchauffement planétaire. Un monde qui s’effondre il lui faut de la crème solaire. La vie est vraiment crémeuse, la crème glacé comme la crème chantilly sont fondantes. Et tu sais que notre société est devenue comme une sorte de yaourt sans conservateurs mais avec plein de colorants. Ce qui lui manque c’est de la crème fraiche, de la crème chantilly à la place de tous ces chantiers ouverts à jamais. De la crème glacé à la place des lacs, des fleuves et des mers. Comme ça ceux qui brulerons au futur ne mourront pas, en tout cas pas de faim ! Au fait, est-ce qu’on eut mourir d’avarice et de gourmandise ? Une Tunisie crémeuse, que du bonheur !